Depuis sa création dans les années 1970, la permaculture est en perpétuelle évolution. Si elle est apparue comme une discipline s’intéressant aux écosystèmes naturels et orientée vers la conception de systèmes essentiellement agricoles, elle s’ouvre peu à peu à de nouveaux domaines, tels que l’accompagnement du vivre ensemble dans les groupes humains et les organisations (permaculture humaine).

La permaculture est la science ET l’art de concevoir des systèmes durables et résilients. Au coeur de cette démarche se trouve un repositionnement de l’homme dans la nature, l’adoption d’un paradigme écocentré et intégratif : l’Homme devient le gardien de sa propre humanité autant que de l’ensemble du vivant et finalement du vaisseau terrestre.

Pourquoi s’intéresser aux applications de la permaculture dans le champ de l’éducation ?

Au centre du design, et à l’interface de tous les systèmes conçus en permaculture se trouve l’être humain, un élément si essentiel et si particulier que nous ne saurions concevoir un système sans prendre en compte au maximum les caractéristiques de celui-ci. L’une de ces caractéristiques est que dès avant le jour de sa naissance, et jusqu’à la fin de sa vie, l’Homme est un être apprenant. En tant qu’être apprenant il s’imprègne en permanence de son environnement, ce qui confère théoriquement à tous les systèmes dans lesquels il vit (cellule familiale, école, entreprise, association, tiers-lieux, ville, société) une dimension « éducative ». Nous parlerons donc de « systèmes apprenants ».

L’apprenance est un néologisme qui définit une attitude et des pratiques individuelles et collectives qui traduisent une volonté de rester en phase avec son écosystème. L’apprenance se distingue de l’apprentissage qui a une dimension plus individuelle, parfois plus contractuelle, du « maître » à « l’élève ». Apprenance et apprentissage sont néanmoins deux attitudes qui peuvent être complémentaires.

Paulo Freire : « J’aime être humain car, inachevé, je sais que je suis un être conditionné, mais, conscient de l’inachèvement, je sais que je peux aller plus loin. Telle est la différence profonde entre l’être conditionné et l’être déterminé, la différence entre l’inachevé, qui ne se sait pas comme tel, et celui qui, historiquement et socialement, s’est élevé jusqu’à la possibilité de se connaître incomplet. » (Pédagogie de l’autonomie, 2006).

Quels enjeux, quelles usages pour ce blog ?

Ce blog se veut être un outil au service de tous les groupes et les personnes souhaitant concevoir des systèmes éducatifs en s’appuyant sur l’éthique et les principes de la permaculture, ou plus simplement travailler sur la dimension apprenante des systèmes qu’ils conçoivent. Puisse-t-il faciliter le travail de toutes celles et ceux qui entreprennent aujourd’hui ou entreprendront demain d’inventer ensemble des formes apprenantes nouvelles, au service du vivant.

Il ne s’agit pas ici de juger de la pertinence de tel ou tel système pédagogique, ou de comparer des pédagogies pour savoir laquelle est la plus pertinente, mais d’offrir des outils utilisables par chacun pour repenser les systèmes sur lesquels nous pouvons agir dès aujourd’hui, depuis là où nous sommes : au sein de l’école publique, dans la famille, dans une association, un centre de loisirs, etc…

Et ainsi tendre vers l’éthique de la permaculture :

  • Prendre soin de l’Humain
  • Prendre soin de la Terre
  • Partager équitablement les ressources / les surplus

Qu’est-ce que prendre soin de l’Humain dans un contexte apprenant ?

Développer des pratiques apprenantes qui permettent à chacun, enfant, jeune ou adulte de se rencontrer en tant qu’être humain, de trouver sa place dans la communauté humaine, et de s’épanouir.

Qu’est-ce que prendre soin de la terre dans un contexte apprenant ?

Développer des pratiques éducatives qui permettent à l’humanité de trouver sa place dans l’écosphère en tant que gardienne et protectrice du vivant.

Qu’est-ce que partager équitablement les ressources dans un contexte apprenant ?

La société apprenante s’appuie sur des ressources qui ne se divisent pas : le savoir, la connaissance, l’expérience. Il nous reste à inventer une économie du savoir et de la connaissance qui s’appuie sur les communs et la capacitation.

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