Je complète cet article au fur et à mesure de mon travail… merci pour vos contributions !

En 2016, un mensuel français de référence proposait un dossier consacré à « l’éducation du XXIème siècle ». On découvrait au centre de ce dossier une double page consacrée à l’interview d’un éminent chercheur en sciences de l’éducation, intitulée ainsi : « Nous n’avons pas encore trouvé le système éducatif idéal ».

La recherche du « graal » en matière d’éducation est un sport bien connu auquel de nombreux experts, philosophes, pédagogues, se sont livrés depuis des siècles. Une observation attentive du fonctionnement du vivant nous informe pourtant qu’une telle réalité n’existe pas dans la nature. Ce n’est pas le fait de rechercher vainement un système unique et parfait qui nous intéresse, mais bien de favoriser la multiplication de « meilleurs » systèmes diversifiés, adaptés à tous les contextes culturels, sociaux, etc.

Développer un cadre holistique

Traditionnellement, la culture occidentale tend à simplifier les systèmes afin de faciliter la prise de décision. En permaculture, nous nous demandons « combien d’éléments pouvons-nous conserver dans l’équation sans se retrouver dépassé ? ». Inspiration : Allan Savory, le fondateur du « management holistique ».

Dans cette perspective, il revient donc à chacun de caractériser son propre système. Pour cela vous allez avoir recours à une approche globale de la conception de votre propre système éducatif : l’analyse des ressources, la prise en compte des contraintes (matérielles, budgétaires, institutionnelles…) ; le choix du projet éducatif ; la constitution d’une équipe pédagogique…

L’objectif est de tirer le meilleur parti possible des opportunités offertes par le système lui-même et son environnement, et de limiter les effets négatifs (nuire le moins possible). La 1ère chose à faire est d’identifier « qui » réalise ce travail de conception. En général, ce sont les personnes dont les décisions vont influencer le système. Cela peut être une personne seule (vous), ou un groupe (communauté éducative et/ou apprenante). Il peut aussi s’agir de l’ensemble des personnes concernées par le système apprenant (comme c’est le cas dans certaines écoles conçues selon le modèle Sudbury).

Quels que soient la méthode de design que vous décidez d’utiliser, la posture du designer fait appel à un certain nombre de qualités et demande de développer une maîtrise dans certains domaines :

  • Apprendre à observer. Dans la pratique du design, l’observation est à la fois active et passive. Elle vous renseigne sur les spécificités de votre système, et aussi vous donne des indications sur vous même « en train d’agir dans le système ».
  • Prendre des décisions. Dans la plupart des cas, il s’agit de mimer, confronter, expérimenter.
  • Mettre en œuvre, réaliser.

Le plus important dans la posture, c’est d’être curieux, et bien à l’écoute du vivant. Dans un système apprenant cela veut dire d’observer le plus finement possible les actions (attitudes, gestes, paroles), mais aussi le ressenti (émotions, sentiments, intuitions) qui émerge et donnera des informations sur les besoins (feedback).

Cette attitude permettra aussi de mettre en lumière les endroits où le vivant n’est pas (ou plus) à l’œuvre dans le système. En général cela se situe du côté de la compréhension (ce qui a été compris est « mort », c’est à dire qu’il n’y a plus rien à découvrir, à comprendre) et des croyances (ce qui est « comme ça », et n’a pas besoin ou ne devrait pas être interrogé, les espaces jugés tabous, et en général toutes les vérités données par avance).

Voir aussi sur ce thème l’article suivant : Une approche du vivant : l’auto-destruction au service de la vie (1/2)

2 thoughts on “Une recherche perpétuelle de congruence : la posture du designer”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *