Parmi les outils qui sont utilisés dans la pratique du design en permaculture, le concept des « pentes » est primordial, et se trouve au coeur du principe d’efficacité énergétique, comme l’une des illustrations de la mise en pratique du fameux « Faire AVEC la nature plutôt que CONTRE elle ». Dès qu’on s’intéresse à l’humain, la question pourrait être posée de cette manière : « Comment aller dans le sens de l’inclination naturelle de chacun dans un système apprenant ? » ou encore « Comment faire avec la nature des apprenants plutôt que contre elle ? ».

De nombreux articles de ce blog traiteront de près ou de loin de cette question. Dans la série d’articles qui vient, nous nous pencherons spécifiquement sur la place du plaisir et/ou du bonheur dans le système apprenant. En effet, comme nous l’avons vu dans la semaine dernière, notre cerveau est désormais scruté, inspecté, disséqué, et les neurosciences (sociales et cognitives) apportent chaque année leur lot de nouvelles découvertes, avec des applications de plus en plus nombreuses dans notre quotidien. Parmi ces découvertes, certaines ont permis de mettre en lumière des liens entre joie/plaisir/bonheur et nos comportements : attention, motivation, apprentissage, addiction.

Le bonheur à l’école, un thème en plein essor

Le thème du bonheur dans les apprentissages a le vent en poupe depuis quelques années. Antonella Verdiani, fondatrice du Printemps de l’éducation et docteur en sciences de l’éducation, y a consacré différents ouvrages et conférences (voir son site), dont le livre « Ces écoles qui rendent nos enfants heureux » qui offre un tour d’horizon des principales pédagogies et méthodes pour « éduquer à la joie ». La fabrique Spinoza, qui se présente comme le « think tank du bonheur citoyen », organise depuis 2015 ses « Ateliers du bonheur à l’école« , dont vous trouverez quelques compte-rendus ci-dessous :

Les contenus des 1ers Ateliers du bonheur à l’école

Suite à ses travaux, la Fabrique Spinoza présente différentes fiches pratiques d’outils innovants pour une pédagogie positive et heureuse à l’école :

  • FLYAWAY pédagogie responsable et positive, Anne-Sophie de Chauvigny : lire la fiche
  • L’école en couleurs avec la méthode 4Colors, Brigitte Boussuat : Lire la fiche
  • L’improvisation théâtrale pour l’école, Mathieu Hainselin : Lire la fiche
  • Dispositif de médiation et de qualité relationnelle scolaire, Laure de Charette : Lire la fiche
  • ScholaVie, Apprendre les compétences psychosociale par le jeu, Laure Reynaud : Lire la fiche
  • Le Quokka’fé ou co-café, Florence Meyer : Lire la fiche
  • Baromètre du bonheur à l’école, Mélusine Harlé : Lire la fiche
  • Le message clair, outil de médiation par les pairs pour les élèves, Aurélien Brendel : Lire la fiche
  • « Je suis bien à l’école », Véronique Brun : Lire la fiche

Curiosité, jeu et enthousiasme, trio gagnant pour l’apprentissage

Parmi les pionniers sur ce thème, difficile de ne pas parler d’André Stern. Auteur et conférencier, il n’est jamais allé à l’école et propose une vision de l’enfance et de l’apprentissage basée sur les apprentissages autonomes.  Pour lui, il n’existe rien de mieux pour apprendre que le jeu. Il affirme qu’il n’existe pas de cerveau “bête” ou de cerveau “intelligent” : la clé est l’enthousiasme.

Le cerveau se développe comme un muscle là où l’enfant l’utilise avec enthousiasme. – André Stern

Dans cette conférence, André Stern propose une vision de l’enthousiasme comme d’un « engrais » qui fait « fleurir » le cerveau des enfants.

 

Le rôle du jeu dans le développement de l’enfant : pourquoi les enfants jouent-ils ?

Il n’existe rien de mieux pour apprendre que le jeu. L’enfant est disposé naturellement au jeu. C’est la première chose qu’il fait quand on le laisse tranquille. L’enfant vient donc au monde équipé avec le meilleur dispositif d’apprentissage : il s’agit du JEU. Qu’est-ce qui arriverait à un enfant qui jouerait toute sa vie ? André Stern prend son exemple propre : il n’est jamais allé à l’école et ses parents l’ont laissé suivre son propre chemin, ses envies, ont encouragé ses apprentissages informels et autonomes. Par ailleurs, les enfants sont des imitateurs nés. Ils aiment que les imitations parfaites du monde entrent dans leurs jeux.

Il y a en chacun d’entre nous un génie potentiel qui n’attend qu’une chose : s’enthousiasmer ! – André Stern

Jouer et apprendre sont synonymes pour l’enfant : quand un adulte demande à l’enfant d’arrêter de jouer pour « apprendre », cela revient à lui demander de respirer sans prendre d’air ! Et l’enfant pense qu’il a un problème… Quand l’enfant est enthousiaste à propos d’une chose, apprendre se fait tout seul. Un enfant de 2/3 ans ressentirait une tempête d’enthousiasme toutes les 2 à 3 minutes. Tandis qu’un adulte ressentirait la même quantité d’enthousiasme 2 à 3 fois par an ! Non seulement l’enfant vient au monde équipé avec le meilleur dispositif d’apprentissage (la prédisposition au jeu) mais il a aussi à disposition un engrais pour le cerveau (l’enthousiasme, “sa portion d’engrais portable”).

Pour en savoir + : voir le site d’André Stern, écologie de l’enfance.

 

Comment les découvertes récentes en neurosciences viennent-ils nous guider dans la compréhension des liens complexes entre joie/bonheur/plaisir et apprentissage ? Y -t-il une place pour l’évaluation et le système récompense/sanction dans un tel contexte ? Et comment concevoir des systèmes apprenants efficaces à l’heure de l’économie de l’attention et du déploiement des technologies séductives ? Nous aborderons toutes ces questions dans les articles suivants…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *