Comme nous l’avons déjà décrit précédemment, la permaculture repose avant toute chose sur l’observation, et la capacité à s’observer aussi soi même comme une composante du système. Cette pratique d’ « auto-observation » n’est rien d’autre que le prolongement de cette invitation gravée au fronton du temple d’Apollon à Delphes, et que Socrate fit sienne : « Connais-toi toi-même ». Loin de nous entraîner dans une quête égotique, il s’agit plutôt de s’observer en tant qu’être pensant et agissant, afin de pouvoir mieux nous intégrer dans notre « design de vie ».

J’ai découvert l’Ikigaï il y a quelques années, et c’est un outil que je présente volontiers dans les modules « permaculture humaine » que je co-anime à l’Oasis de Serendip, tant il me semble symboliser à merveille à la notion de « design de vie ». Je tente dans les deux articles de cette série à la fois de vous présenter l’outil et ses applications dans un cadre individuel, mais aussi d’imaginer quelles pourraient être les différentes manières de l’utiliser dans le cadre de la conception d’un système apprenant

« L’Ikigai, de ikique l’on peut traduire par vivreet gaipar raison, sens, valeur, (littéralement, « raison d’être », en japonais) vient d’Okinawa, et plus particulièrement du village des centenaires, Ogimi. Les habitants y vivent longtemps tout en ayant de multiples activités comme cultiver leur potager, danser, et une communauté sur laquelle ils peuvent compter en cas de besoin (Ndlr : ce concept de communauté est appelé Yuimaru ou cercle de la cohésion et exprime l’idée d’esprit de coopération).

C’est donc la recherche d’un équilibre qui peut être représenté par le schéma ci-dessus : à la croisée entre ce que j’aime faire, ce pour quoi je suis doué, ce pour quoi je suis payé/rétribué et ce dont le monde a besoin. Combiner passion, profession, mission et vocation, un beau programme ! Mais comment utiliser cet outil ? Nous allons commencer à l’aborder en pratique dans ce premier article, puis nous verrons quelles sont les précautions à prendre et essaierons enfin d’imaginer des applications dans le contexte d’un système apprenant.

Les manières d’utiliser l’Ikigaï en pratique sont innombrables, et de nombreux ouvrages sortent chaque année. La plupart des auteurs conseillent par exemple de lister tour à tour toutes les choses que nous aimons, sommes doué.e.s, pouvons être payé.e.s, etc… pour en faire ensuite une sorte de synthèse. Pour ma part j’en ai un usage plus graphique, basé sur l’idée de faire une sorte de « photographie » de ma vie à un instant T, afin de pouvoir juger au mieux de ce que je peux faire pour équilibrer mon temps et mon énergie entre les 4 dimensions de l’Ikigaï et ainsi atteindre une plus grande harmonie.

Pour aller plus loin :

  • La Méthode ikigai, découvrez votre mission de vie d’Héctor Garcia et Francesc Miralles (éditions Solar)
  • Trouver son ikigaï, vivre de ce qui nous passionne de Christie Vanbremeersch (éditions FIRST)
  • Ikigai: A Japanese concept to improve work and life [archive], Yukari Mitsuhashi, BBC Capital, le 7 août 2017
  • Blue Zones : Lessons on Living Longer from the People Who’ve Lived the Longest, Dan Buettner

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